Baisse du nombre de ventes, montée de la concurrence et son corollaire (la baisse des prix), Grenelle de l’environnement… En un peu plus d’un an, la donne a complètement changé sur le marché du diagnostic immobilier.
Cible : les employeurs
Heteroclite. Contrôle PCR chez un dentiste , examen des engins de levage chez un garagiste… les chefs d’entreprise ont eux aussi des obligations.
Quelles cibles ?
Cabinets de professions libérales, médicales ou non, PME industrielles et tertiaires, bureaux, commerces et services… Ces clients ont le mérite d’être récurrents et rentables.
Pour quelles prestations ?
Outre le document unique d’évaluation des risques, que toute entreprise employant des salaries doit en théorie du moins pouvoir fournir, une somme de prestations peu connues existent.
- Sur les chantiers du bâtiment et du génie civil. La CSPS (Coordination de sécurité et protection de la sante) est obligatoire. « Cette formation suscite pas mal de questions, mais peu de professionnels finissent par s’y inscrire, explique Hassan Mouheb, gérant d’O2 diagnostics, franchiseur et formateur. Les participants doivent en effet posséder de solides pré-requis dans le bâtiment, ce qui est souvent loin d’être le cas.
- Dans les cabinets médicaux (dentistes notamment), les hôpitaux cliniques et chez les vétérinaires. Le contrôle des appareils de radiologie par une á personne compétente en radioprotection (PCR) est obligatoire. Il s’agit de relever les sources radioactives, de repérer et d’évaluer les risques, de déterminer les niveaux d’exposition, de délimiter les zones réglementées, de réaliser les contrôles d’ambiance, de contrôler les dispositifs de sécurité… La formation est obligatoire pour être habilitée PCR.
- Gaz et électricité. Les contrôles réglementaires des installations de gaz et d’électricité sont obligatoires dans toutes les entreprises, en-dehors de toute vente ou location. »Une grande partie de ce marché est aux mains des bureaux de contrôle », déplore cependant Hassan Mouheb. Julien Crombez, gérant d’Omega expertises (32 cabinets dans l’Hexagone) s’est lancé dans le domaine malgré la concurrence de ces grandes structures. »Ils ne sont pas forcement intéressés par les petits clients », explique le professionnel qui a travaillé pour plusieurs grands bureaux de contrôle avant de devenir formateur et de créer sa franchise.
- Contrôles d’engins de levage et d’appareils sous pression. « Cela concerne par exemple un compresseur dans un garage », explique Julien Crombez. « Les appareils de levage sont à contrôler tous les six mois. Les autres contrôles, tous les 12 à 40 mois », indique le gérant d’Omega expertises qui se réjouit :« On est loin de la prestation one shot ».
- Loi du Grenelle II (article 1). Elle prévoit notamment que l’ERNT et le DPE seront joints aux baux commerciaux.
Quels outils vous faut-il ?
Pour toutes ces missions, il faut compléter de très solides pré-requis en gaz et en électricité par une formation de trois a cinq jours par module, conseille Julien Crombez. Ces diagnostics se basent sur la norme NF C 15-100. »Et compter environ 1.700 euros HT par module. Pour sa part, Frederic Escarmur, gérant de Thiérache diagnostics, a suivi une formation de 11 jours sur le contrôle périodique des installations électriques, à 4.000 euros. « Pour le PCR en revanche, il faut compter environ 2.000 euros. Pour le contrôle des compresseurs, on a acheté la norme et on l’a potassée ».
Aujourd’hui, ce diagnostiqueur estime que la diversification représente 45 % de son CA. Le matériel employé pour les contrôles de conformité des installations gaz et électricité
. multi-contrôleurs et analyseur de combustion et de CO sont identiques à ceux utilisés lors des diagnostics habitation. Côté engins de levage,»il ne faut qu’un petit outil à 20 euros, une règle de mesure des chaines », rappelle M. Crombez. L’investissement le plus lourd, c’est la formation « Nous utilisons un télémètre et un niveau numérique », indique Frederic Escarmur.
Conseils de pros
Julien Crombez a décidé dès le départ de démarcher de petites structures, loin d’être la chasse gardée des bureaux de contrôle.
« Nous avons contrôlé les installations électriques et gazières de bureaux, d’une PME avec une dizaine de machines outils, de restaurants… », énumère-t-il. Si les identifier n’est pas bien compliqué, la suite l’est un peu plus. Prise de contact, session d’information sur leurs obligations réglementaires… débouchent parfois sur des réponses négatives ou bottant en touche (« Tant qu’il n’y a pas de contrôle… « ).
Et pourquoi ne pas proposer aussi…
« En général, on parvient à vendre une à deux prestations, rarement plus. Cela dépend en effet tellement de l’activité de la structure. Cependant, on parvient parfois à sensibiliser les clients à l’accessibilité. Mais ce n’est franchement pas très fréquent, resume Julien Crombez. Frederic Escarmur propose aux dentistes de sa région . via un accord passe en direct avec leur Ordre - un pack qui regroupe le contrôle électrique des installations électriques, le PCR et le contrôle du compresseur dentaire (qui permet de générer de l’air durant les interventions)
« Il s’agit de prestations récurrentes, qui permettent de sensibiliser a l’accessibilité des locaux, une prestation que le professionnel peut également fournir ». Frederic Escarmur vient aussi de proposer aux dentistes de prendre en charge leur contrôle qualité interne. « Il s’agit de vérifier régulièrement que leur appareil de radio est correctement réglé ».
Extrait des Cahiers Techniques de DIMAG – déc. 2010